Un milliard de vues. Vous avez bien lu. Un petit loup animé qui apprend à cuisiner des légumes pour se faire des amis a explosé tous les compteurs. Et pendant que le monde entier pleure devant son écran sur les notes de Claude François, nous, on se pose la vraie question : qu'est-ce que cette production audiovisuelle nous apprend sur la création de contenus vidéo qui marquent vraiment les esprits ?
Parce que soyons honnêtes. Intermarché n'a pas inventé la roue. Le storytelling émotionnel, les animaux mignons, la musique nostalgique... tout ça existe depuis des décennies. Mais cette campagne a quelque chose de différent. Quelque chose qui mérite qu'on s'y attarde, surtout si vous êtes une entreprise B2B qui cherche à créer des vidéos qui génèrent de vrais résultats.
L'histoire derrière le buzz : un pari créatif à contre-courant
Décembre 2025. Les grandes marques dégainent leurs campagnes de Noël. Coca-Cola mise sur l'intelligence artificielle. McDonald's fait pareil. Et puis arrive Intermarché avec un court-métrage de deux minutes trente, entièrement réalisé à la main par des artistes humains.
Le pitch est simple. Un loup, le fameux "grand méchant loup" de notre enfance se retrouve seul parce que tous les animaux de la forêt le fuient. Normal : il les mange. Un hérisson lui suggère alors de changer son régime alimentaire. De manger des carottes, des champignons, des légumes. Le loup s'exécute, apprend à cuisiner, et finit par être accepté au banquet de Noël.
Sur le papier, rien de révolutionnaire. Dans l'exécution, tout est différent. Cette production audiovisuelle repose sur un travail de plus d'un an, coordonné par l'agence Romance et réalisé par le studio montpelliérain Illogic Studios, le même qui a été nommé aux Oscars pour son court-métrage "Garden Party".
Ce que cette production audiovisuelle révèle sur l'artisanat créatif
Soixante-dix personnes ont travaillé sur ce projet. Du storyboarding initial au compositing final, en passant par le character design, l'animation, les textures et les lumières. Six mois de production pure, sans compter les phases de conception.
Et le plus frappant dans tout ça ? Le recours à l'intelligence artificielle a été volontairement marginal, presque inexistant. Les équipes d'Illogic Studios ont utilisé le logiciel Houdini et la technique "painterly" qui consiste à peindre en 2D par-dessus les animations 3D, comme avec un pinceau. Tous les dessins ont été réalisés et peints par des humains, de manière traditionnelle.
Ce choix de production audiovisuelle n'est pas anodin. À l'heure où les géants mondiaux saturent les écrans de contenus générés par IA, Intermarché a fait le pari inverse : celui de l'authenticité et du savoir-faire artisanal. Et le résultat parle de lui-même.
Les coulisses d'une production made in France
L'organisation du projet mérite qu'on s'y attarde. La coordination générale a été assurée par le studio parisien Wizz. Les parties en prise de vue réelle, les scènes familiales autour du sapin ont été filmées par la réalisatrice Nadège Loiseau via Divine Production. Fred Testot a prêté sa voix au personnage du loup, ajoutant une dimension supplémentaire à l'attachement que ressent le spectateur.
Ce maillage de talents français illustre parfaitement ce que peut accomplir une production audiovisuelle bien orchestrée. Chaque maillon de la chaîne apporte son expertise, sa sensibilité, son savoir-faire. Le résultat transcende la somme des parties.
La technique au service de l'émotion
Le rendu visuel du film emprunte à ce qu'on appelle l'effet "painterly". Cette technique, devenue une référence depuis le succès de la série Arcane (également produite par un studio montpelliérain, Fortiche), donne l'impression que chaque image a été peinte à la main.
Le résultat ? Une esthétique qui respire. Qui vit. Qui ne ressemble pas à ces productions lisses et désincarnées que l'on voit partout. Cette approche de la production audiovisuelle crée un sentiment de proximité avec le spectateur. On sent le travail humain derrière chaque frame.
Le storytelling comme moteur de viralité
La force de cette campagne ne réside pas uniquement dans sa qualité technique. Elle tient surtout dans sa structure narrative. Le film ne vend pas des légumes. Il raconte une histoire de transformation personnelle, d'acceptation, de vivre-ensemble.
Le loup incarne celui qui est rejeté à cause de ce qu'il est. Pas à cause de ce qu'il fait volontairement, mais à cause de sa nature. Et c'est là que le récit devient universel : nous avons tous, à un moment donné, ressenti ce sentiment d'être mis à l'écart.
Le choix musical amplifie cette émotion. "Le Mal-Aimé" de Claude François colle parfaitement à la peau de ce loup solitaire. Les paroles résonnent avec l'histoire. La musique agit comme un catalyseur émotionnel, transformant une simple publicité en véritable court-métrage.
Un conte qui ne moralise pas
Ce qui distingue cette production audiovisuelle des campagnes habituelles sur l'alimentation, c'est son absence totale de moralisation. Intermarché ne dit pas "arrêtez de manger de la viande". Le message est plus subtil : "on a tous une bonne raison de commencer à mieux manger".
Pas d'injonction. Pas de culpabilisation. Juste une invitation douce, enrobée dans une fable qui touche le cœur. Le spectateur n'est pas sommé de changer ses habitudes. Il est simplement invité à y réfléchir, à son rythme, sans pression. Et c'est précisément pour cette raison que le film a dépassé les frontières françaises pour conquérir le monde entier, du Daily Mail britannique aux réseaux sociaux américains.
Les enseignements pour les entreprises B2B
Alors, qu'est-ce que nous pouvons retenir de ce cas d'école pour nos propres productions vidéo ? Plusieurs choses.
Premièrement : l'investissement dans la qualité paie. Un an de travail minutieux, soixante-dix personnes mobilisées, un studio nommé aux Oscars. Intermarché n'a pas fait les choses à moitié. Et le retour sur investissement est phénoménal : une visibilité mondiale, un engagement massif, une association positive et durable à la marque.
Deuxièmement : le format long n'est pas mort. Deux minutes trente pour une publicité, c'est une éternité dans notre époque de l'attention fragmentée. Pourtant, les gens ont regardé jusqu'au bout. Parce que l'histoire les tenait. Parce que le récit était suffisamment fort pour maintenir l'attention. Cette durée permet de développer des personnages, de créer une vraie arc narratif, de laisser l'émotion s'installer progressivement.
Troisièmement : l'émotion transcende le secteur d'activité. Intermarché vend des produits alimentaires. Pas vraiment le domaine le plus "sexy" du monde. Et pourtant, cette production audiovisuelle a ému des millions de personnes à travers la planète.
L'humain au centre de la création
Le choix délibéré de limiter l'usage de l'IA envoie un signal fort. Dans un monde où la technologie peut tout faire (ou presque), les marques qui osent l'artisanat humain se démarquent. Ce positionnement résonne particulièrement auprès d'un public lassé des contenus génériques et des visuels sans âme produits à la chaîne.
Pour nous qui accompagnons des entreprises B2B dans leur stratégie vidéo, ce constat est précieux. Nos clients : cabinets de conseil, startups tech, sociétés de services cherchent à se différencier. La production audiovisuelle "faite main", pensée avec soin, peut devenir un vrai avantage concurrentiel.
La production audiovisuelle comme vecteur de transformation narrative
Cette campagne Intermarché illustre un changement de paradigme. La publicité ne se contente plus de vendre. Elle raconte. Elle transforme. Elle crée du lien.
Le loup végétarien n'est pas qu'un personnage mignon. C'est un symbole. Celui de la capacité à changer, à évoluer, à s'adapter pour mieux vivre ensemble. Et ce message, porté par une production audiovisuelle de haute qualité, touche une corde universelle.
Les analystes parlent d'"écologie du désir" plutôt que d'écologie de la contrainte. Plutôt que de culpabiliser les consommateurs, le film leur donne envie de changer. C'est subtil. C'est efficace. Et c'est exactement ce que devrait viser toute stratégie de contenu vidéo.
De la viralité à l'autorité de marque
Le buzz ne suffit pas. Ce qui compte vraiment, c'est ce qui reste après. Et là, Intermarché a marqué des points. La marque est désormais associée à une production audiovisuelle de qualité, à un message positif, à une démarche créative assumée.
Même Michel-Édouard Leclerc, concurrent direct, a salué publiquement la performance sur son blog. Quand vos concurrents applaudissent votre travail, c'est que vous avez fait quelque chose de bien.
Créer des vidéos qui génèrent des résultats concrets
Nous répétons souvent à nos clients que notre objectif n'est pas de faire de "belles vidéos" pour le plaisir. C'est de créer des vidéos qui fonctionnent. Qui génèrent de la notoriété, de la crédibilité, des leads.
La campagne du loup végétarien prouve que ces deux dimensions ne sont pas incompatibles. On peut créer une production audiovisuelle artistiquement ambitieuse ET commercialement efficace. L'un renforce l'autre.
Le secret réside dans l'alignement. Alignement entre le message et l'exécution. Entre la promesse et la preuve. Entre ce que la marque dit et ce qu'elle fait. Quand tout est cohérent, la magie opère.
La vraie leçon de cette campagne Intermarché, finalement, c'est celle-ci : dans un monde saturé de contenus, l'authenticité et le soin apporté à la production audiovisuelle deviennent des différenciateurs majeurs. Les marques qui investissent dans des histoires vraies, portées par un savoir-faire humain, récoltent bien plus qu'une viralité passagère. Elles construisent une autorité durable. Et ça, ça vaut tous les milliards de vues du monde.





















